Fallait-il que Jésus soit crucifié ?

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  3. Page 3 : Des preuves par les faits

Chris­to­pher Vasey
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Un des fon­de­ments de l’enseignement chré­tien dis­pensé de nos jours est que la mort du Fils de Dieu sur la croix a per­mis le rachat des péchés de l’humanité. N’est d’ailleurs consi­déré comme auto­risé à retour­ner au Para­dis que celui qui admet l’origine divine de Jésus et croit en son sacri­fice. Mais fallait-il vrai­ment que Jésus soit cru­ci­fié ? De nom­breux faits montrent que non.

Le Christ n’est pas venu sur Terre pour se faire crucifier

Fallait-il que le Christ soit crucifié ?L’événement de la cru­ci­fixion est estimé comme si fon­da­men­tal qu’un des sym­boles de la reli­gion chré­tienne est jus­te­ment la croix du sacri­fice et que le jour où cet évé­ne­ment a eu lieu — ven­dredi — est le seul de l’année à avoir été qua­li­fié de saint.

La récon­ci­lia­tion de Dieu avec les hommes par la mort du Christ est ensei­gnée par­tout et est géné­ra­le­ment accep­tée telle quelle, mal­gré le sen­ti­ment de malaise qui appa­raît sans que l’on sache vrai­ment pour­quoi lorsque l’on y réflé­chit un peu plus à fond.

Or, ce malaise que res­sentent cer­taines per­sonnes est jus­ti­fié. En effet, com­ment admettre que seul le meurtre du Fils de Dieu puisse récon­ci­lier la divi­nité avec l’humanité ?

« Le Christ n’est nul­le­ment venu sur Terre dans l’intention de se faire cru­ci­fier » peut-on lire dans le Mes­sage du Graal. « Ce n’est d’ailleurs pas dans la cru­ci­fixion que réside la rédemp­tion. Le Christ fut au contraire cru­ci­fié parce que Sa qua­lité de Mes­sa­ger de la Vérité Le ren­dait impor­tun à cause de Son ensei­gne­ment. Ce n’était pas Sa mort sur la croix qui pou­vait et devait appor­ter la rédemp­tion mais bien la Vérité qu’Il offrait à l’humanité par Ses Paroles ! » (tome II, confé­rence 45)

Cette concep­tion n’est pas oppo­sée à l’enseignement du Christ, mais — comme nous allons le voir — en par­fait accord avec lui, de même qu’avec l’Ancien Tes­ta­ment, l’apocalypse et les évé­ne­ments liés à la vie de Jésus.

Les sacri­fices sont-ils agréables à la divinité ?

Des offrandes rituelles et des sacri­fices étaient une cou­tume cou­rante chez les Juifs comme chez d’autres peuples anciens. Ces offrandes de nour­ri­ture (grains de récolte, pain …) ou d’animaux vivants (holo­causte de bélier, par exemple) étaient faits pour les hommes et non pour la divi­nité. En effet, ne vivant pas dans la matière, cette der­nière n’a nul besoin de nour­ri­ture terrestre.

En aban­don­nant volon­tai­re­ment une par­tie du fruit de sa récolte ou des ani­maux de son trou­peau, le croyant vou­lait sou­li­gner le sérieux de la prière ou de la demande d’intercession qu’il adres­sait à la divi­nité. Ces actes étaient pour­tant désa­gréables à Dieu. Cela res­sort très net­te­ment, par exemple, du livre d’Esaïe :

« Qu’ai-je à faire de la mul­ti­tude de vos sacri­fices ? dit l’Eternel.

Je suis ras­sa­sié des holo­caustes de béliers et de la graisse des veaux ;

Je ne prends point plai­sir au sang des tau­reaux, des bre­bis et des boucs.

Quand vous venez vous pré­sen­ter devant moi,

Qui vous demande de souiller mes parvis ?

Ces­sez d’apporter de vaines offrandes :

J’ai en hor­reur l’encens,

Les nou­velles lunes, les sab­bats et les assemblées ;

Je ne puis voir le crime s’associer aux solennités.

Mon âme hait vos nou­velles lunes et vos fêtes ;

Elles me sont à charge ;

Je suis las de les supporter,

Quand vous éten­dez vos mains, je détourne de vous mes yeux ;

Quand vous mul­ti­pliez vos prières, je n’écoute pas :

Vos mains sont pleines de sang.

Lavez-vous, purifiez-vous,

Otez de devant mes yeux la méchan­ceté de vos actions ;

Ces­sez de faire le mal,

Appre­nez à faire le bien, recher­chez la jus­tice,… (Esaïe chap. 1 ver­set 11 à 17)

A la lec­ture de ce pas­sage, on peut for­te­ment dou­ter que Dieu eût pré­féré le sacri­fice d’êtres humains à ceux des ani­maux, et à plus forte rai­son celui de son Fils.

Ce qui compte pour Lui ce sont les actes et l’état inté­rieur de l’homme.

Ce que confirme Jésus :

« Si vous saviez ce que signi­fie : je prends plai­sir à la misé­ri­corde, et non aux sacri­fices, vous n’auriez pas condamné des inno­cents. » (Mat­thieu 12,7)

Le sacri­fice des innocents

L’Ancien Evan­gile, celui qui relate tout ce qui s’est passé avant la nais­sance de Jésus, est aussi appelé L’Evangile de la Jus­tice. Il y est en effet ensei­gné ce qu’est la Jus­tice de Dieu.

L’homme y apprend qu’il ne peut agir à sa guise, mais doit suivre la volonté de son Créa­teur, car seul le res­pect par tous de cette volonté per­met une vie har­mo­nieuse pour la mul­ti­tude des êtres qui vivent dans la Créa­tion. Si l’homme trans­gresse cette volonté, il devra en rendre compte et sera jugé selon le prin­cipe : œil pour œil, dent pour dent.

La jus­tice de Dieu rend donc au « bour­reau » exac­te­ment ce que celui-ci a imposé à sa vic­time. Cela lui est infligé non pas comme puni­tion, mais comme aide, car en éprou­vant sur lui-même ce qu’il a fait subir aux autres, il peut prendre conscience des souf­frances que cela occa­sionne et ainsi déci­der de modi­fier sa manière d’agir.

Cette notion de la jus­tice a été résu­mée par le Christ en ces termes :

« Ce que tu sèmes, tu le récol­te­ras. » Il sou­li­gnait ainsi non seule­ment que la récolte sui­vrait inévi­ta­ble­ment les semailles et serait de même genre qu’elles, mais aussi que seul le cou­pable en serait tou­ché : « ce que tu sèmes, tu le récolteras ».

Cette notion est si ancrée en nous, qu’il ne vien­drait à l’idée de per­sonne d’accepter comme juste qu’un juge condamne un inno­cent pour des crimes qu’un autre que lui a com­mis, et bien plus, qu’une per­sonne étran­gère à un délit puisse déchar­ger la per­sonne condam­née en subis­sant sa peine pour elle.

Et pour­tant, une déro­ga­tion consi­dé­rable à ce prin­cipe est accep­tée sans réflé­chir : la condam­na­tion d’un inno­cent — le Fils de Dieu — pour des crimes qu’Il n’a pas com­mis — ceux de l’humanité.

Com­ment peut-il y avoir ici un poids et deux mesures ? Com­ment Dieu peut-Il ensei­gner une jus­tice aux hommes et en pra­ti­quer une autre ?

Soit la jus­tice divine est par­faite et s’applique à tous les cas, soit elle ne le fait pas, mais alors elle n’est pas par­faite, puisqu’elle doit être modi­fiée selon les circonstances.

Il n’y a ici aucune alter­na­tive et le seul moyen de ne pas rendre Dieu impar­fait, consiste à admettre que la cru­ci­fixion de Son Fils n’était pas vou­lue par Lui, mais a été déci­dée uni­que­ment par les hommes, ce qui est beau­coup plus dans l’ordre des choses.