Les inté­rêts, tumeur can­cé­reuse du sys­tème moné­taire (2/4)

  1. Page 1 : Com­ment tra­vaille notre argent
  2. Page 2 : Crois­sance conforme et crois­sance contraire à l’ordre naturel
  3. Page 3 : Une folie ren­due invi­sible par son ampleur
  4. Page 4 : Les inté­rêts inter­viennent pour 40% dans le prix d’achat
  5. Page 5 : Le sys­tème des inté­rêts conduit à la catas­trophe écologique

Le sys­tème des inté­rêts conduit à la catas­trophe écologique

Les effets néfastes du sys­tème des inté­rêts se res­sentent jusqu’au niveau de l’environnement, car ils résultent de l’incompatibilité de la crois­sance natu­relle avec la crois­sance non natu­relle, c’est-à-dire exponentielle.

Concrè­te­ment, cela signi­fie que si on veut avan­cer au pas de la crois­sance expo­nen­tielle des taux d’intérêt, sur laquelle repose notre sys­tème moné­taire actuel, on devra user de l’exploitation dans des dimen­sions encore jamais vues.

La dépré­da­tion se fera là où on ren­contre le moins de résis­tance, c’est-à-dire dans la nature ainsi que dans les popu­la­tions du tiers-monde qui n’ont pas les moyens de se défendre. Or, la nature qu’on croyait inof­fen­sive se révèle plus forte que l’homme, comme nous l’expérimentons à pré­sent de manière tou­jours plus forte.

Les cal­culs montrent que les coûts à payer pour les consé­quences de l’exploitation sans scru­pules de la nature dépas­se­ront d’ici peu les pro­fits obtenus.

Mais le sys­tème des inté­rêts cause éga­le­ment des pro­blèmes majeurs sur le plan humain. L’un de ces pro­blèmes consiste dans la pres­sion exer­cée par le temps et le stress, que subissent tous ceux qui sont endettés.

Les inté­rêts repré­sentent en effet un fac­teur relié au temps, puisqu’ils doivent être payés à une date déter­mi­née, faute de quoi on risque la sai­sie ou l’insolvabilité. Il n’y a guère d’autres sec­teurs éco­no­miques qui soient aussi impi­toyables que celui des inté­rêts, où un mois avec un faible chiffre d’affaires peut signi­fier la fin iné­luc­table d’une entreprise.

Dans de nom­breux cas, ce n’est pas le chef d’entreprise qui menace tout son équi­page du fouet, mais c’est le paie­ment des inté­rêts. Qui d’entre nous est encore en posi­tion de pou­voir faire son tra­vail et d’exercer son métier de manière posée et tran­quille, sim­ple­ment et sans se sen­tir pressé par le temps ?

Et qu’en est-il des dom­mages spirituels ?

Le sys­tème des inté­rêts cause aussi des dom­mages consi­dé­rables au niveau spi­ri­tuel, parce qu’il ali­mente sans cesse l’avidité chez les êtres humains, qui suc­combent très faci­le­ment à la ten­ta­tion d’accumuler des capi­taux afin de pro­fi­ter des reve­nus d’intérêts et ne plus avoir besoin de travailler.

En effet, si les pro­fits étaient obte­nus par un tra­vail per­son­nel ou résul­taient direc­te­ment d’une acti­vité d’entreprise, au lieu d’être encais­sés indi­rec­te­ment sur le tra­vail de tierces per­sonnes, la lumière se ferait pro­ba­ble­ment plus vite dans l’esprit des gens, les ame­nant à com­prendre que la vie signi­fie beau­coup plus qu’accumuler de l’argent et tra­vailler pour payer des dettes et des intérêts.

Or, le méca­nisme des inté­rêts com­po­sés induit à l’avidité, puisque dans le cas de pla­ce­ments impor­tants, ces sommes conti­nuent de croître sans qu’on ait à four­nir le moindre effort en contrepartie.

Ce sys­tème accorde pou­voir et influence à beau­coup de per­sonnes qui sont loin d’avoir l’intégrité néces­saire pour en faire bon usage. Com­bien de mil­lions de vic­times pour­raient échap­per à ces abus de pou­voir, si le sys­tème des inté­rêts ne les for­çait pas à payer leurs oppresseurs ?

La situa­tion engen­drée par le sys­tème des inté­rêts génère chez beau­coup de ceux qui en pro­fitent une iner­tie men­tale et spi­ri­tuelle, car ils n’ont plus aucune rai­son de res­ter en mou­ve­ment, aussi bien inté­rieu­re­ment qu’extérieurement. Or, selon les lois de la Créa­tion, le mou­ve­ment est un fac­teur indispensable.

Quel que soit le côté dont on regarde, le fait est que le sys­tème des inté­rêts cause des dom­mages indé­niables, même si la com­plexité des pro­blèmes nous empêche de voir les liens directs avec les inté­rêts. Reste que la misère et les souf­frances cau­sées sont énormes et injustifiables.

Déve­lop­pe­ment dra­ma­tique dans le sys­tème moné­taire alle­mand (1991 – 2006)

Evolution du système monétaire allemand

 

La courbe des salaires bruts s’amenuise. Les mon­tants des pres­ta­tions sociales vont pro­ba­ble­ment bais­ser, ce qui équi­vaut à une dimi­nu­tion des ser­vices sociaux.

La courbe des reve­nus de for­tunes révèle la véri­table pro­blé­ma­tique, car elle conti­nue à croître en flèche et aura atteint en 2008 la courbe des pres­ta­tions sociales. Envi­ron la moi­tié des salaires nets pas­sera alors du côté de ceux qui ont placé des capitaux.

• La 4e courbe illustre la situa­tion des rentes, prises en compte

• dans la 2e courbe : il y aura stag­na­tion. • La 5e courbe montre que les inves­tis­se­ments de l’État diminuent.

L’endettement de l’État aug­men­tera sans cesse, puisque même les acqui­si­tions indis­pen­sables sont finan­cées par­tiel­le­ment par des cré­dits et emprunts.

À l’exception des 1ère et 5ème courbes, toutes les autres concernent des reve­nus reçus sans tra­vail fourni en contre­par­tie directement.

(Monde du Graal n° 279)