La clé du conflit des générations

Chris­to­pher Vasey
Contac­ter l’auteur

Les per­sonnes appar­te­nant à des géné­ra­tions dif­fé­rentes ne se com­prennent pas tou­jours très bien. Des conflits de géné­ra­tions sur­gissent qui semblent sou­vent insur­mon­tables, à tel point que l’on parle même de fossé entre les générations.

Quelle est la cause des conflits de générations ?

La cause de ces conflits se trouve dans le fait que la vie d’un être humain est divi­sée en quatre grandes périodes : l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte et la vieillesse et qu’au cours de ces dif­fé­rents âges, les pos­si­bi­li­tés phy­siques et psy­chiques qu’offre la nature sont chaque fois autre, tout comme le sont la manière d’être et d’agir.

Ces quatre âges ont cha­cun en eux les carac­té­ris­tiques d’un des quatre tem­pé­ra­ments : san­guin, mélan­co­lique, colé­rique et lymphatique.

 

C’est la mécon­nais­sance de ces âges et, sur­tout, le non res­pect des dif­fé­rences dans la manière d’être et de pen­ser qui appar­tiennent à ces périodes de la vie qui sont à la base des conflits de générations.

 

L’enfance

Au cours de l’enfance, l’esprit qui vient de s’incarner doit apprendre à uti­li­ser le nou­vel outil qui lui a été fourni : le corps physique.

Il doit éga­le­ment décou­vrir l’environnement dans lequel il se trouve désor­mais. A cette période de vie, le natu­rel enjoué et la soif de décou­verte que confère le tem­pé­ra­ment san­guin favo­risent le bon dérou­le­ment de cette phase d’apprentissage pour l’esprit, parce qu’il lui donne la curio­sité et le désir d’agir.

Et de fait, les enfants sont tou­jours en mou­ve­ment, ils touchent à tout, s’intéressent à tout et veulent tout essayer.

Le tem­pé­ra­ment san­guin donne aussi le côté insou­ciant et irres­pon­sable qui leur per­met d’aller de l’avant sans appréhension.

L’adolescence

Le jeune adulte en deve­nir ne peut plus se conten­ter de vivre le pré­sent, sans se sou­cier de rien. Il doit se pré­pa­rer à l’action construc­tive et aux res­pon­sa­bi­li­tés qui l’attendent.

L’adolescence est le temps des prises de conscience qui sont néces­saires à l’action et celles-ci ont lieu par les pro­fondes réflexions et les rêve­ries nos­tal­giques qui enva­hissent l’adolescent.

L’adolescent observe donc sa famille, la société et la situa­tion mon­diale d’après des cri­tères éle­vés, d’où ses révoltes contre les injus­tices et ses « croi­sades » pour plus de paix et de res­pect dans le monde.

L’état mélan­co­lique qui engendre ses rêve­ries l’amènent à « refaire le monde » d’après des valeurs plus éle­vées que celles de son entou­rage. En fai­sant cela, il ancre en lui les valeurs et prin­cipes moraux d’après les­quels l’être humain en géné­ral doit se comporter.

Etre conscient de ces valeurs est évi­dem­ment pri­mor­dial pour lui qui va bien­tôt atteindre l’âge de la matu­rité et des responsabilités.

L’âge adulte

Le tem­pé­ra­ment colé­rique qui s’installe avec l’âge adulte pousse à l’action, rend impa­tient d’agir et de réa­li­ser quelque chose.

L’esprit n’a plus le temps, ni l’envie de mener une vie pas­sive. Il cherche à construire tant qu’il est sur Terre. Il veut concré­ti­ser sa volonté dans la vie ter­restre, trans­for­mer celui-ci et pro­duire des œuvres.

A l’âge adulte, tra­vailler et créer n’est nul­le­ment une cor­vée, mais un besoin et une joie. Dans l’intense période d’activité qu’est l’âge adulte, l’esprit fait de mul­tiples expé­riences, heu­reuses et mal­heu­reuses, qui l’aident à déve­lop­per ses propres facultés.

La vieillesse

Lors de la vieillesse, le besoin de s’affirmer et d’agir dans la matière dimi­nue et est rem­placé par un désir pro­fond de com­prendre le sens de toutes choses. L’action fait place à des médi­ta­tions sereines sur les expé­riences vécues et les accom­plis­se­ments passés.

Lâcher prise, se déta­cher de la matière, … telle est pro­gres­si­ve­ment la nou­velle orien­ta­tion de l’esprit. Cela res­semble à un exa­men de conscience et un bilan avant la nou­velle étape, exa­men qui néces­site un retour sur soi et ses expé­riences vécues.

N’est-ce d’ailleurs pas une carac­té­ris­tique typique de toutes les per­sonnes âgées que de se replon­ger en sou­ve­nir dans leur enfance et le début de leur vie, tout comme de par­ler du « bon vieux temps où… »

Lorsque l’âge du tem­pé­ra­ment lym­pha­tique est plei­ne­ment vécu, la mort sera appro­chée sans appré­hen­sion et l’esprit se déta­chera faci­le­ment de son corps phy­sique le moment venu.

La clé des conflits de générations

Les dif­fé­rences de per­cep­tions, de manières d’agir et de buts qui existent entre les gens d’un groupe d’âge par rap­port à ceux appar­te­nant à d’autres âges, sont à la base du conflit des géné­ra­tions. Cela ne signi­fie pas que ces conflits doivent avoir lieu.

 

L’erreur consiste à consi­dé­rer ou à juger le com­por­te­ment des per­sonnes d’un autre groupe d’âge que le sien avec les « lunettes » de son propre groupe d’âge. Les buts et moyens étant autres, cela débouche for­cé­ment sur une incom­pré­hen­sion et des conflits.

 

Si l’enfant ne com­prend pas l’adolescent qui est vite blessé ou vexé, ou qui défend des idéaux inat­tei­gnables, c’est qu’il a l’insouciance du tem­pé­ra­ment sanguin.

Si l’adolescent pas­sif et rêveur ne com­prend pas que ses parents soient si indus­trieux, c’est qu’il est encore dans la phase de réflexion mélan­co­lique qui pré­cède l’action. L’inverse est aussi vrai : les parents ne sai­sissent pas le com­por­te­ment rêveur et idéa­liste de leur enfant ado­les­cent et sou­hai­te­raient les voir s’activer un peu plus, car eux-mêmes ont quitté le tem­pé­ra­ment mélancolique.

Les adultes s’effraient d’ailleurs aussi de voir leurs propres parents, déjà bien ins­tal­lés dans la vieillesse, pas­ser des jour­nées si tran­quilles et inactives.

Ils se demandent com­ment, lorsque leur tour vien­dra, ils sup­por­te­ront de faire si peu de choses. Il leur semble qu’ils s’ennuieront et s’impatienteront mais cette impres­sion pro­vient de ce qu’ils baignent encore dans les radia­tions du tem­pé­ra­ment colérique.

Une fois que celles-ci auront été rem­pla­cées par celles du tem­pé­ra­ment lym­pha­tique, ils n’auront plus de telles craintes car leur tem­pé­ra­ment sera adapté à leur nou­velle situation.

 

La clé des conflits de géné­ra­tions se trouve dans l’acceptation du fait que les per­sonnes vivant dans des âges de la vie dif­fé­rents n’ont pas les mêmes devoirs et buts et qu’il faut que cha­cun vive son âge et laisse les autres vivre le leur.